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JOURNEE DE PRINTEMPS LE 29 MARS 2014

lundi 5 mai 2014, par Stephanie GETENET GUINOT

Le 29 mars, notre JREP de printemps s’est déroulée au Radisson Hôtel à Blagnac, lieu très prisé des congressistes et des laboratoires. Notre présidente étant excusée pour la matinée, c’est Mme Bernadette Pons, rédactrice de notre association, qui a accueilli nos participants dont notre invitée d’honneur, Madame Brigitte LUDWIG, présidente de l’UNAIBODE et présenté notre programme.

Celui-ci débute par la chirurgie de la thyroïde présentée par l’équipe de l’Hôpital Larrey, le Dr Claire RENAUD accompagnée de Dominique PARIS, IBODE. Mme RENAUD, après un rappel de l’anatomie physiologique de la thyroïde nous parle de l’importance de l’utilisation de la classification TIRAS et BETHESDA pour orienter le choix de la cytoponction et du type d’anapathologie pour effectuer le diagnostic opératoire. Celui-ci induira un traitement chirurgical allant d’une lobectomie à une thyroïdectomie totale avec plus ou moins curage récurrentiel bilatéral. Elle rappelle cependant que l’hypothyroïdie ne demande pas de chirurgie sauf en cas de nodules gênants. Cette chirurgie ne peut se faire en chirurgie ambulatoire car des complications post opératoires telles que l’hémorragie, un hématome compressif, une paralysie récurrent elles nécessitent une surveillance en milieu hospitalier pendant les premières 24 h. Des complications secondaires telles que l’ hypo-parathyroïdie et des infections, plus rares, peuvent voir le jour.

Le deuxième point abordé est l’importance du NIM dans cette chirurgie qui est une technique d’électrostimulation nerveuse en non continue du nerf moteur récurrent qui permet une réaction motrice : la contraction des cordes vocales. L’utilisation du NIM permet de contrôler en pré opératoire l’étude physiopathologique de la paralysie récurrentielle et éviter la paralysie récurrentielle en modifiant la chirurgie et, en post dissection, la présence d’éventuelles lésions et éviter la diplégie laryngée.

Mme Dominique PARIS, IBODE, nous présente la prise en charge du patient opéré d’une thyroïde : l’ouverture de salle, la préparation minutieuse du matériel nécessaire notamment la sonde d’intubation pour le NIM, l’accueil personnalisé du patient avec l’utilisation de la check liste, l’installation du patient sur la table d’opération en prenant garde aux points d’appuis : la mise en place de géloses sous les genoux pour éviter les étirements ; la sangle au- dessus des genoux pour sécuriser le patient lors de la latéralisation de la table, le billot sous scapulaire. Une attention particulière est nécessaire à la mise en place des électrodes NIM ainsi qu’au positionnement de la pince antiparasite sur le câble du bistouri électrique pour éviter les interférences et les bruits lors de l’utilisation de celui- ci. En fin de chirurgie, la circulante enregistre les courbes de stimulation en pré et post dissection du nerf récurrent. Le réveil du patient se fait sur table, en salle d’opération et ira en SSPI pendant 2 heures. Sa sortie de l’hôpital se fait à J1 avec un rendez-vous de consultation à J 15.  Mme B.LUDWIG nous présente les actualités de la profession. Elle aborde les dossiers en cours : - la suppression des 2 années d’expérience avant de se présenter aux épreuves d’admission du concours IBODE, sujet toujours en discussion et encore non abouti.
- la VAE avec l’arrêté du 14/02/2014
- la réingénierie IBODE grade Master qui est en attente
- les actes et missions exclusives IBODE qui nécessiteront une formation théorique et pratique de 49h obligatoire pour tous les IBODE
- le travail en concertation que doivent effectuer l’UNAIBODE et l’AEEIBO pour inclure les actes exclusifs dans les référentiels : reprendre les intitulés des compétences sans référence aux disciplines chirurgicales et finaliser le référentiel de formation incluant les actes exclusifs. En souhaitant que ce travail soit pour une rentrée 2015 ? Ou 2016 ??? Son intervention suscite de vifs échanges dans la salle portant sur la non mobilisation des IBODE, sur l’attente trop longue de la parution des textes, sur la rémunération et surtout une interrogation : les écoles d’IBODE sont elles en voie de disparition au profit de la formation continue ?

Le Dr Anne DECOTTE de l’Hôpital LARREY, accompagnée de Murielle MASSIP, IBODE, nous présente la parotidectomie avec le système NIM. Un rappel anatomique et physiologique de la glande, l’importance du nerf VII, les pathologies canalaires (sténose, lithiase), les pathologies glandulaires unilatérales et bilatérales sont abordées. L’importance du type histologique, l’envahissement péri nerveux ou pas, et la qualité de l’exérèse sont priorisés. Après nous avoir exposé les bilans cliniques : l’interrogatoire avec une notion de douleur, une atteinte faciale, une recherche d’adénome cervical, et le bilan para clinique : IRM parotidienne, Cytoponction sous échographie, TDM cervico-thoracique pour bilan d’extension si tumeurs malignes, Mme DECOTTE nous parle des différents traitements chirurgicaux des tumeurs : dans le cas de tumeurs bénignes, un traitement chirurgical avec réalisation d’examens extemporanés plus ou moins curage est réalisé ; dans les cas plus graves, une parotidectomie totale plus ou moins élargie, comprenant l’exérèse du nerf facial, de la mandibule et de la peau, avec curage ganglionnaire et radiothérapie en post opératoire seront nécessaires. Pour les pathologies canalaires, une scialendoscopie est effectuée (passage par le canal de sténon pour retirer les lithiases). Ces chirurgies peuvent entrainer des complications plus ou moins délétères pour le patient tel qu’un œdème pendant 1 mois, une gêne à la mastication, à l’ouverture buccale, une perte de sensibilité de l’oreille, du cou pendant 15 mois, parfois une désunion cutanée. La qualité du geste chirurgical a un impact important sur le pronostic du patient et pour éviter toutes complications comme la paralysie faciale, le Syndrome de Frey qui correspond à des rougeurs, une sudation de la région parotidienne lors des repas dont le traitement est des injections de toxine Botulique et beaucoup plusgênant, des fistules salivaires avec collections.

Mme Murielle MASSiP, IBODE, nous présente la technique opératoire de la parotidectomie. Des points communs à toutes chirurgies, de l’ouverture de salle, préparation du matériel à l’installation du patient en décubitus dorsal avec coussins sous les genoux, sangle de maintien, protection des téguments, Mme MASSIP nous fait par des particularités : la sonde armée doit être fixée de côté opposé à la tumeur, l’œil côté opéré doit être protégé ; les paupières sont fixées par des stéristrips, du coton est introduit dans le conduit auditif pour protéger le tympan pendant la détersion. Les électrodes NIM sont positionnées par le chirurgien selon le protocole du service et les électrodes testées avant l’intervention. Egalement une pince antiparasite sur le câble du bistouri électrique est positionnée. En fin d’intervention, un pansement de protection adéquat est réalisé à l’aide d’un pansement américain et filet. En post opératoire le patient va en SSPI où une surveillance de la survenue de douleurs et un déficit du nerf facial est effectuée. La sortie du patient est prévue à J4 avec un arrêt de travail de 10 semaines.

Cécile GRAULLE, IBODE diplômée de la promotion de l’Ecole d’Ibode de Toulouse 2007-2009, nous présente son travail d’intérêt professionnel « le gaspillage des Dispositifs médicaux à usage unique ». Cécile est partie du constat suivant : des quantités impressionnantes de DM stockés dans les tiroirs et chariots des salles sont déstérilisés par les IBO pendant l’intervention sans que cela soit nécessaire, entrainant donc un coût pour l’hôpital. Son travail a mis en valeur l’IBODE dans son rôle à la sensibilisation au gaspillage, notamment à travers la réalisation de fiches techniques opératoires ainsi que dans son positionnement professionnel. Un moment très formateur pour nous rappeler que le gaspillage est une affaire de tout un chacun.

Le Pr Olivier PARANT de l’hôpital Paule de Viguier de Toulouse a présenté la césarienne dont le taux en France augmente avec notamment 47% des programmées. Cette intervention est souvent source de procès médico-légaux puisque c’est une urgence nécessitant une intervention dans les 30 minutes maximum. Ces degrés d’urgence sont classés selon la classification de LUCAS, on parle :
- de code vert : nécessité d’une naissance prochaine mais sans menace à court terme avec délai de déci- sion/naissance < 1 h
- de code orange : Menace à court terme du pronostic vital maternel ou fœtal. Naissance urgente : délai déci- sion/naissance < 30 min
- de code rouge : Menace immédiate du pronostic vital ma- ternel ou fœtal. Naissance dès que possible : délai déci- sion/naissance < 15 min Mr PARANT nous parle plus amplement du code rouge dont les indications majeures sont : la procidence du cordon, l’hématome retro placentaire, le placenta preavia, la rupture utérine et l’asphyxie fœtale. Dans ces cas là, la disponibilité de l’équipe est nécessaire avec un numéro de téléphone unique pour joindre l’équipe. Il est indispensable que chacun connaisse sa mission, son rôle selon le protocole de service. Lors du transfert de la patiente tout le monde est concerné. Après une Anesthésie Générale à séquence rapide, la technique opératoire privilégiée est la technique de MISGRAV LA- DACH qui permet une réduction des pertes sanguines mais surtout une réduction de temps entre l’incision et l’extraction du bébé. Malheureusement ce code rouge présente des complications telles qu’une mortalité élevée lors de l’anesthésie, des infections ISO et urinaires dues à la baisse des gestes de prévention, des complications throm- bo-embolitiques et des complications liées à la chirurgie : plaies vésicales, digestives, fœtales sans oublier l’impact du stress des équipes et les conséquences sur le vécu des patientes. En conclusion Mr PARANT nous explique que la césarienne peut être une urgence vraie qui nécessite des protocoles écrits au sein de chaque établissement, une coopération inter équipes, et pourquoi pas des exercices de simulation.

Mr Jean Christophe FOISSAC, IADE au CHU de Rangueil, clôture cette journée de formation en nous parlant d’hypnose. Il y a autant de définitions de l’hypnose que d’auteurs cependant on peut retenir que c’est un mode de fonctionnement par lequel un sujet entre en relation avec un praticien expérimenté dans un champ élargi. L’hypnose est une tradition millénaire qui permet de lâcher prise et accéder à une transe, qui correspond au moment où le sujet bascule la tête en arrière et ferme les yeux. Dans l’histoire moderne Mr Erickson fait référence en la matière car il prône une position égalitaire entre le patient et le thérapeute basée sur la suggestion et fait appel à notre inconscient qui est réservoir de ressources. Qui est hypnotisable ? Tout le monde ne l’est pas à la même hauteur : 50% sont hypnotisables normalement, 25% hautement et 25% faiblement. Concrètement dans notre quotidien professionnel, l’hypnose est souvent utilisée lors de l’endormissement, lors d’actes fait sous anesthésie locale... il ne faut pas diriger la pensée du patient : exemple ne pas lui dire « vous êtes au bord de mer... » mais suggérer un endroit où il se sent bien : « pensez à un endroit où vous vous sentez bien, avec des gens que vous aimez... ». En transe le cerveau ne perçoit pas la négation donc il faut privilégier la forme affirmative : « rassurez- vous » « c’est un acte court... ça sera indolore... ». Le cadre légal est non exhaustif quant à la pratique de l’hypnose. Il existe des organismes agrées pour les formations comme le CFHTB (Confédération Francophone de l’Hypnose Thérapie Brève) qui ont une éthique. L’AIBOMP a également organisé son Assemblée générale lors de cette journée. Notre présidente nous a présenté le bilan moral de l’année 2013 en insistant sur l’importance que chacun participe à la vie de l’association par une adhésion ou en investissant un peu de temps personnel au sein même du bureau. La trésorière nous a présenté le bilan financier. Les 2 bilans ont été adoptés. Cette journée de formation était d’une grande qualité, les interventions traitaient de sujets précis et variés et les intervenants maitrisaient parfaitement leurs sujets, suscitant beaucoup d’échanges fructueux. Nos partenaires de l’industrie biomédicale ont pu rencontrer des paramédicaux disponibles pour les écouter et partager de précieuses informations. Merci à tous d’avoir fait de cette journée une réussite, l’AIBOMP vous donne rendez-vous pour sa journée d’automne à Auch.

Rédaction : GRESSIN Natacha, GETENET Stéphanie, BICARD Marie-Paule. Photos : PONS Bernadette.

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