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Mission humanitaire

jeudi 13 septembre 2012

Voici le recit d’une expérience de mission humanitaire. Recit par Valérie Martzloff IBODE Toulouse.

Après 14 heures d’avion, 1 heure de Jeepney 10 minutes de tricycle nous voilà arrivés à l’hôpital de Guimbal.

Je fais parti d’une équipe chirurgicale, nous sommes aux Philippines pour pratiquer des corrections sur des enfants présentant une fente labio-palatine.

Nous faisons tous parti du CSEP, association Comite Soutien Enfance Philippines (http://www.enfance-philippines.com/...) qui, entre autre, organise 1 à 2 missions chirurgicales par an, parraine et scolarise plus de 500 enfants.

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Accueil philippines

L’arrivée à l’hôpital est pleine d’émotions car plus d’une centaine d’enfants accompagnés de leurs parents nous attendent, l’entrée de l’hôpital arbore. une grande banderole de bienvenue.

Ces enfants, adolescents et parfois adultes arrivent de toutes les régions « Central Luzon Region », ils ont fait pour certain d’entre eux plus de 100 kms. Ils ont été prévenus de l’arrivée d’une équipe chirurgicale française qui opère les fentes labio- palatine gratuitement, par radio.

Eva l’assistante sociale de l’hôpital a déjà constitué tous les dossiers avant notre arrivée et les bilans sanguins sont faits. Tous les frais, médicaux de transport, de nourriture et d’hébergement sont pris en charge par l’association.

14h - Après les salutations faites auprès du directeur et des infirmières qui vont nous aider, Gérard le chirurgien commence les consultations. Il va sélectionner les enfants qu’il va opérer pendant ces quinze jours, choix parfois difficile, tout va dépendre de l’âge de l’enfant, de son état général et des analyses sanguines.

Pendant ce temps Philippe agent de stérilisation et moi-même ibode allons ouvrir les malles de médicaments et de matériel que nous avons apportées. Nous essayons de les ranger et de les classer. En ce qui concerne les médicaments il s’agit de paracétamol, d’antibiotiques, et des anesthésiants. Pour le matériel, c’est surtout des gants stériles, des fils de sutures, des tuyaux de respirateurs et d’aspiration, tout le matériel que l’on peut récupérer en France. J’ai aussi prévu des masques et des charlottes, ce qui parait rudimentaire chez nous, mais chez eux ils sont en tissu et personnels.

Puis nous préparons la salle d’opération pour débuter les interventions dés le lendemain matin. Le bloc opératoire est assez grand, mais beaucoup de matériel y est rangé soit dans des armoires soit à même le sol. Nous y trouvons un respirateur avec ses deux bouteilles de gaz ; un système d’aspiration, ainsi qu’un vieux bistouri électrique sorti pour l’occasion qui fonctionne avec une plaque métallique. Les appareils les plus modernes sont un moniteur de surveillance électrocardiographe , un oxymétre de pouls (appareils offerts par le CSEP), et une seringue électrique offerte par la clinique où je travaille.

Chaque jour, quatre à cinq interventions sont prévues en moyenne, nous travaillons de 8 h jusqu’à 18 h tous les jours de la semaine et le samedi matin. Le dimanche matin nous passons vérifier les pansements, et bien sur toute l’équipe est d’astreinte 24h sur 24h, ce qui n’est pas un problème puisque nous sommes tous des volontaires et avons tous choisi de venir bénévolement donner un peu de notre temps.

Un peu comme une habitude, dés que j’arrive j’ouvre la salle d’opération je prépare le matériel pour la première intervention et le matériel pour l’anesthésie. Les infirmières Philippines s’occupent des champs opératoires, ce sont des champs en tissus conditionnés par elles-mêmes. Souvent un pack est prévu pour la journée qu’elle installe sur la table de réserve.

Oui avec nos yeux d’ibode, il est parfois dur de croire ce que l’on voit, mais l’humanitaire c’est aussi savoir s’adapter et relativiser, je leur ai expliqué notre façon de travailler, puis nous avons fait des compromis, exemple ne faire que des petits packs, pour une intervention mais encore faut-il avoir le matériel nécessaire !

Dans nos blocs en France, l’emballage de stérilisation est jeté après usage, là-bas on garde tout car il va « resservir ». Nous apprenons donc à tout garder, même si nous savons que ce n’est normalement plus utilisable. Nous réapprenons aussi à emballer avec le tissu, avec le papier journal, à plier des compresses, à fabriquer des « cherries bulls » (des gros tampons), des « cottons sticks » (coton tige) très pratique pour les pansements. Les compresses sont emballées en double emballage dans du papier journal. L’eau stérile est de l’eau qui a bouilli puis mise en bouteille et passée à l’autoclave.

Perla l’infirmière, appelle le premier petit patient qui attendra dans le bloc avec un de ses parents. Parent qui sera très présent car un enfant n’est jamais laissé seul, et c’est le père ou la mère parfois un des grands- parents qui surveillera le réveil.

Le chirurgien visite les patients. Irène l’orthophoniste commence ses consultations, des enfants opérés les années précédentes viennent la voir, elle leur donne beaucoup de conseils, ils sont presque tous scolarisés, parlent correctement et aiment le karaoké qui est une bonne rééducation pour le palais.

La première intervention commence, l’enfant est anesthésié par Irma et Mikael (anesthésistes de l’hôpital). Irma est une anesthésiste retraitée originaire des Philippines, qui a vécu en Belgique pendant une vingtaine d’années, c’est notre traductrice elle parle aussi bien le français, l’anglais et le tagalog (dialecte de la région).

L’instrumentation est assez simple, ouvre bouche, pince d’Adson, ciseaux de Metzembaum porte aiguille, rugine- décolleur, Beaver... Selon les réparations à effectuer, l’intervention durera de 1 heure à 3 heures. L’enfant sera très vite extubé et installé en salle de réveil. Il sera peut-être nécessaire de ré-intervenir sur l’enfant, mais si c’est le cas ce ne sera que l’année suivante. Une intervention fatigue beaucoup.

Nous procédons aux traitements des instruments, sans oublier de nettoyer nos gants qui seront aussi récupérés. L’autoclave ne fonctionne qu’une seule fois par jour et que lorsqu’il est bien plein, donc pour enchainer nous utilisons une stérilisation à froid.

Lors de notre séjour, nous avons pu avoir beaucoup d’échanges avec des élèves infirmier(e)s, ils étaient ravis d’assister un chirurgien français. Ils nous ont montré le retalcage des gants, nous avons fait des travaux pratiques sur l’habillage stérile, le gantage façon « américaine » et en stérilisation : pliage Pasteur et enveloppe. Expérience très enrichissante des deux côtés. A la fin du programme opératoire de la journée, nous retournons voir nos petits patients ils sont dans des chambres de 6 lits. Les pansements sont effectués tous les matins.

En quinze jours, 42 opérations, le plus jeune patient avait dans les 10 mois et le plus âgé 24 ans.

C’est une expérience très intéressante, où il faut faire preuve adaptation, et avoir un large sens de la diplomatie. Personnellement à chaque voyage de ce genre, je renoue avec, si c’en est une, « ma vocation » d’infirmière, et je suis fière de dire que j’aime mon métier et surtout que j’ai de la chance d’exercer une profession que j’ai choisie.

Valérie Martzloff IBODE Toulouse.

CSEP : 12160 Baraqueville Tel : 0565701197

Vos commentaires

  • Le 26 décembre 2014 à 13:55, par Élodie En réponse à : Mission humanitaire

    Tout d’abord merci de nous faire partager cette expérience, qui doit être extraordinairement enrichissante. Je suis infirmière au bloc mais pas diplômée de la spécialité. Je ressens vraiment le besoin d’aller aider des personnes qui n’ont pas la chance, comme nous, de faire partie d’un pays "riche" écomoniquement parlant. Comment faire pour mener à bien ce projet, quelles sont les organismes, les associations ? Quels retentissement sur sa vie personnelle et professionnelle ? Et plein d’autres questions se pose à moi. Encore merci de l’attention portée à ma requête
  • Le 2 août 2015 à 18:25, par martzloff En réponse à : Mission humanitaire

    désolée de répondre 8 mois après le message, mais je viens juste de le voir et c’est vraiment un pur hasard.
    la dernière mission à la quelle j’ai participé c’était au Congo en juin 2014 avec la chaine de l’espoir, mais la aussi c’est un coup de hasard, et surtout grâce "aux bouches à oreilles" que j’ai pu rejoindre l’équipe. Personnellement à l’heure actuelle pour moi c’est difficile de partir, j’ai trois enfants il ne faut pas que la mission soit longue et il faut que ce soit pendant les vacances scolaires pour que je puissent faire garder mes enfants. Professionnellement, je sais de quoi je suis capable et parfois ça fait du bien de se rendre compte d’avoir de bonne qualité surtout celle d’adaptation. Être Ibode (à mon avis) est un gage de savoir faire quand on rejoint une équipe que l’on ne connait pas et qui ne nous connait pas.Socialement, le regard sur les autres et se rappeler pourquoi on est devenue infirmière. Si Elodie à d’autres questions et si je peux l’aider vous pouvez lui donner mon adresse mail.

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